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Jî Mob

ITW de Jî Mob aka Jérôme Drû par Romain Holmière

Après ses premiers concerts à Amiens au Wazoo et à la Lune des Pirates du temps d’Ouroub’ et de Faya (reggae) et son investissement au sein de l’association « Cité Carter » (studios de répétitions et d’enregistrement à Amiens Nord), le flûtiste Jî Drû aka Jérôme Drû a sillonné la planète pour accompagner des musiciens aussi variés que renommés. Son premier album « Director’s cut » sorti récemment vient sceller musicalement les amitiés constituées durant ces dernières années de tournées. Sur ce projet de jazz spirituel teinté de soul et de deep house, Jî a réuni son gang (Mob) ; Sandra NKaké, « Magic » Malik Mezzadri, Julien Lourau, Doctor L et DJ Oil de Troublemakers, LAAM, Toscano, Nico Raja, Waki, le tout mixé par Jeff Sharel.

L’actualité de Jî Drû ne s’arrête pas là. Le 1er mars dernier est sorti « Matin d’Exil » le dernier album de Toma Sidibé coréalisé par Jî Drû et Nicolas Bouchillou (www.myspace.com/tomasidibe). Sur cet album autoproduit distribué par Productions Spéciales, Jî Dru a pu posé une fois de plus sa flûte malicieuse et inspirée sur les rythmes et les chants africains de Toma, son ami voyageur.

Depuis le début de ta carrière, tu as participé à des projets très différents qui t’ont permis de rencontrer de nombreux artistes, que retiens-tu de ces collaborations ?

Ces dernières années en tant que flûtiste, j’ai effectivement accompagné de nombreuses formations et croisé de nombreux musiciens : les Troublemakers, Doctor L, Ty et Roots Manuva, Omar Sosa, Stéphane Belmondo, Mike Ladd, Tony Allen ...

La flûte est un instrument qui se prête finalement à participer à des projets variés dans le jazz, la chanson ou l’électro et en particulier pour les live, car elle s’ajoute facilement et d’une manière assez libre. J’ai donc essayé de développer cette idée que mon instrument pouvait s’adapter à différents registres musicaux et me permettre dans le même temps de nombreuses rencontres. De projets en projets, certaines rencontres sont devenues des amitiés très fortes. Amitiés autant humaines que musicales, si je puis dire, comme avec le saxophoniste Julien Lourau et la chanteuse Sandra NKaké, rencontrés sur le projet de Troublemakers, ou Malik Mezzadri, mais encore Doctor L rencontré sur le premier album de Toma Sidibé.

Ces amitiés permettent une complicité de tous les jours mais surtout une entente dans la musique. Elles permettent de rebondir et de collaborer sur de nouveaux projets. C’est pourquoi j’ai souhaité à mon tour inviter les amis sur mon premier album « Director’s cut ». Alors qu’il n’y avait que ma volonté et pas encore de maison de disque, ils sont tout de suite venus naturellement.

Cet album était-il un projet de longue date ?

Faire un album n’a jamais été une priorité pour moi. Il se trouve que j’avais du temps et j’ai senti que c’était le bon moment. J’avais par le passé souvent écris de la musique ou arrangé des morceaux mais jamais mené mon propre projet et dirigé une équipe. J’avais besoin d’acquérir une certaine confiance pour cela. Je crois que le fait d’avoir beaucoup joué et voyagé (Chine, Amériques, Japon, Portugal, Turquie, Afrique de l’ouest...), y compris avec des musiciens qui ont un certain background comme Doctor L ou les Troublemakers a été nécessaire pour me donner des ailes sur la mise en place de l’album « Director’s cut ».

Quels liens établies-tu entre le cinéma et ta musique dans « Director’s cut » ?

Tout d’abord j’ai pris pour prétexte le cinéma car cet art a véritablement construit ma personnalité. Depuis tout petit en famille, puis ado avec le magnétoscope, le cinéma a façonné mon imaginaire. De plus, le cinéma crée incontestablement un lien entre les gens. Je voulais que ma musique raconte quelque chose aux gens, et c’est ce qui m’a poussé à rajouter ce message cinématographique à ma musique. J’ai donc puisé dans mes souvenirs d’enfance pour créer un jeu de références entre les morceaux et certains films. Un personnage, une ambiance, ou une scène en particulier ont été différents supports pour écrire les musiques de Director’s cut. Cela m’a donc donné un cadre intéressant et en même temps assez pratique lorsqu’il a fallu écrire les voix de Sandra par exemple.

Tu as voulu produire cet album seul alors que tu aurais pu taper à la porte d’un producteur, pourquoi ?

Director’s cut sonne comme une revendication. Dans le cinéma « director’s cut » c’est le pouvoir de contrôler le montage du film pour un réalisateur. Aux Etats-Unis, les producteurs de films modifient souvent les montages contre la volonté des réalisateurs. Ce fut le cas notamment pour Apocalypse Now de Coppola. C’est donc une manière de revendiquer la maîtrise complète et la liberté totale de mon projet de la pochette à la musique. De plus, Director’s cut est sorti sur le label indépendant Comet Records.

Quel regard portes-tu sur la scène amiénoise et régionale actuelle ?

Je suis plutôt optimiste. J’ai l’impression qu’il se passe de plus en plus de choses et qu’elles sont toujours de meilleures qualités dans des styles complètement différents ; la chanson, le jazz manouche, l’électro... De plus, avec le développement d’Internet et des pages Myspace, ce n’est peut-être qu’une impression, mais il semble que beaucoup de groupes souhaitent communiquer et s’épauler. A mon sens, le problème de la région est la diffusion. Malheureusement nous sommes dans une région, où au-delà de toutes les volontés, il n’y a pas tant de salles que ça... Les salles conséquentes et équipées se comptent presque sur les doigts de la main, donc forcément ça bloque quelque part la dynamique.

As-tu déjà pensé monter des projets avec d’autres musiciens régionaux ?

Oui j’aimerais pouvoir monter un projet avec Toma Sidibé, Bertrand et Vadim Vernay qui va d’ailleurs remixer un titre de mon album et qui m’a invité à le rejoindre pour Antistress. En fait, j’ai toujours pensé que l’union fait la force. Cela a d’ailleurs été la raison de ma présence et de ma participation depuis le début à Cité Carter. De plus, j’ai la culture du jazz et le jazz est basé sur l’échange. C’est l’expressivité, les individus qui m’intéresse dans la musique, voir qu’il y a quelque chose derrière l’instrument. C’est ce que j’essaye de développer dans l’écriture musicale mais c’est aussi comme ça que je vois les choses dans la vie.

A venir :

Concerts :

13 juin - New Morning / Paris 11ième - 20h 29/30 juin - Festival Anti Stress / Péronne - 20h 31 août - Nuits d’été / Beauvais - 20h 15/16 septembre - Maison Folie Moulin / Lille - 22h

Sortie prochaine d’un CD/vinyle collector à destination des DJ et des radios avec des remixes de Jeff Sharel, Doctor L, Booster, Vadim Vernay, Troublemakers, Jî Drû et DJ Boulaone.

http://www.myspace.com/jimob

jerome.dru@libertysurf.fr


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